Un jour de…

13 April 2018

Quand Tonton Nasty prend le micro à Massy

Je ne viens pas de la rue, je ne viens pas de Massy. Ca oui, je connais le stade, son tour de piste, ses couloirs. C’est un bon tour de ma vie C’est codifié, c’est militarisé, c’est unifié. J’en ai usé. Mais je ne connais rien du free style, du street workout, du double dutch, du free style foot ball. Quant au rap, oui ça me traverse, parfois ça me transperce. Mon dernier CD acheté, peut être le seul, ce fut Arrested Development Ce devait être l’album Unplugged sorti en 1993, ça fait une paie. Je suis donc tout bonnement un  ignorant. Alors j’ai essayé de comprendre dans cette salle Paul B. à Massy, Les tours de passe passe, Le vocabulaire corporel, L’état de siège, Le tourbillon des jongleurs, des danseurs, des brakers, …ils se veulent insaisissables. Comme pourchassés, en fuite. J’ai observé des gars tout en muscles faire la planche. Il aurait pu dire « je suis une force de la nature » C’est la danseuse Anne Nguyen de la compagnie Par Terre qui s’exprime ainsi. Elle ajoute même  « je hoche la tête pour secouer les idées ». Pour émettre des signaux, psalmodier un langage des corps, calligraphier des mots. Ecrire son histoire, le quotidien de la ville, de la cité. Pour avoir droit de citer. Reportage réalisé à Massy (Essonne – France) le 7 avril 2018
31 March 2018

Un jour d’haltères pour pépères

A soixante ballais passés, Normal d’en avoir bavé, d’en avoir brassé, On a tous des douleurs, des petites misères, On a tous des traversées du désert, A crever des abcès, à essuyer bien des malheurs, Râleur, piailleur, chialeur, miauleur. En saison des pluies, on se barre à la sauvette, Au printemps, on charge la musette, L’été, on évite les bitures, on se débarrasse des robes de bure, L’automne, on joue les grands hommes, on brûle du carbure Ya du poids à perdre, on se serre la ceinture, Ya des barres qui montent, on rentre dans le dur, Ya du bordel, on joue les boss du cartel, Ya des médailles, des podiums, on joue les top models. Ils sont en piste, dans le feu, dans le jeu, inquiets, ils font la moue, De pépés, gais, réservés, rasés au coup chou Des gueules de Johnny, des pifs de vicomtes, Des combattants de l’ombre, de la fonte, IIs ont toujours la barre, Pour des instants rares, A faire la guerre avec le gras, Merde, vieillir que c’est ingrat. L’haltéro, c’est comme l’héro, Ca vous prend au garrot, La main sur le fer, les poignets ferrés, Les pieds calés, les joues gonflées, Dans la lumière d’un corridor, A porter son poids à bras le corps, un record. Reportage réalisé le 31 mars à Decazeville (Aveyron – France)
14 March 2018

Jour de pêche en Berry

L’ouverture, c’est le nouvel an des pêcheurs. Un rituel sans chandelle pour les mordus qui font mordre à l’hameçon, pour les férus du barbeau, du gardon, de la tanche et du hotu. Qu’il vente, qu’il pleuve, qu’il gèle, que les narcisses hésitent à sortir leur couronne d’or, que les pâquerettes guillerettes se frottent le nez dans la rosée du matin, c’est l’ouverture de la pêche. Au petit matin, le jour à peine naissant, l’asticot frétillant connait déjà son sort, les bouteilles de Mennetou, de Quincy, de Reuilly aussi. Elles seront vidées sur le coup des 11 heures lorsque le bouchon de liège vernis sera lassé des allers et venus, fainéant et immobile dans le clapot docile d’une eau verdâtre. L’ouverture de la pêche, ce n’est pas qu’une histoire de fritures et de « brason » à moitié vide, à moitié plein. Certes, on se lève aux aurores quand le chien dort encore. On mouille les bottes pour lancer le fil et l’hameçon sur le fond vaseux mais c’est d’abord une histoire de copains qui resserrent les rangs et les crans d’une amitié. Il y a le temps de la pêche, du goujon taquiné, de la truite qui se défend cambrée puis il y a le temps de la pêche aux histoires de chacun. Les verres se remplissent, le vin blanc est sec et fruité. Les histoires rebondissent. La retraite de Pierre, les vieilles douleurs de Paul, la CSG débattue, les vacances en camping car tant attendues et la cataracte qui fait de l’œil à tous. Dans la musette de chacun, on tire du sac, un quotidien passé au filtre du temps qui file. L’ouverture de la pêche, c’est poser ses fesses sur un petit siège au bord de l’eau. C’est se geler les pieds. C’est prendre la flotte sur le paletot. C’est transpirer sous la chemise à carreaux selon la météo. C’est regarder son ombre qui frétille dans le clapot. C’est plissé le front, c’est plissé les yeux pour suivre du regard le lent, lent, lent déplacement du bouchon rouge qui se refuse à foncer, à piocher dans l’eau trouble. C’est calme. C’est penser à rien, à pas grand chose, sans suite bien définie, sans queue ni tête. En principe, c’est tendre des lignes. C’est peut être tout simplement prendre le temps.   Reportage réalisé le 9 mars 2018 à Vierzon (Cher), jour de l’ouverture de la pêche
28 February 2018

Jour de glace au Palais des Glaces

Front polaire pour mannequin de verre. Jour de glace au Palais des Glaces. Soleil royal sur le Grand Canal. Miroir du jour sans Marquise de Pompadour. Reportage réalisé le 1 mars dans le Parc, la Galerie des Glaces du Château de Versailles (France)