Un jour de…

17 May 2019

Le sixième sens

  Avant de publier ce reportage réalisé à l’occasion d’une épreuve Sport Adapté dans le parc de la Victoire à Millau, j’ai relu les mots de Grand Corps Malade lorsqu’il chante « Sixième sens ». Les voici…. J’ai découvert de l’intérieur un monde parallèle  Un monde où les gens te regardent avec gêne ou avec compassion  Un monde où être autonome devient un objectif irréel  Un monde qui existait sans que j’y fasse vraiment attention  Ce monde-là vit à son propre rythme et n’a pas les mêmes préoccupations  Les soucis ont une autre échelle et un moment banal peut être une très bonne occupation  Ce monde là respire le même air mais pas tout le temps avec la même facilité  Il porte un nom qui fait peur ou qui dérange : les handicapés. On met du temps à accepter ce mot, c’est lui qui finit par s’imposer  La langue française a choisi ce terme, moi j’ai rien d’autre à proposer  Rappelle-toi juste que c’est pas une insulte, on avance tous sur le même chemin  Et tout le monde crie bien fort qu’un handicapé est d’abord un être humain  Alors pourquoi tant d’embarras face à un mec en fauteuil roulant  Ou face à une aveugle, vas-y tu peux leur parler normalement  C’est pas contagieux pourtant avant de refaire mes premiers pas  Certains savent comme moi qu’y a des regards qu’on oublie pas  C’est peut-être un monde fait de décence, de silence, de résistance  Un équilibre fragile, un oiseau dans l’orage  Une frontière étroite […]
25 April 2019

Lady Gaga en mode Manga

  Photographies réalisées à Paris le 16 février lors du Manga Festival Show 
23 April 2019

Un jour à marcher au pas et à la baguette

  J’aime les gens enthousiastes et pourquoi pas fantasques, J’aime les gens ordinaires qui parfois tombent les masques. J’aime les gens engagés qui ne craignent pas les bourrasques, J’aime les gens déterminés et pourquoi pas obstinés, J’aime les gens simples qui parfois font des pieds de nez, Aux « je sais tout », aux idées reçues, aux lettrés et autres blasés. Je suis tombé sur une petite annonce dans les pages Villages d’un quotidien régional. Quelques lignes coincées entre cours de trompette, reprise du foot et sortie au Cabaret Le Moulin des Roches. En résumé, la vie pas si meurtrie, pas si anéantie de nos villages. Le texte ne fait que quelques lignes que les intellos parigots ne liront jamais. Il a pourtant son importance, la naissance d’un club de majorettes à Saint Cernin sur Rance. Sur la route d’Albi, pas si loin des Monts de Lacaune, ce village se cache dans l’ombre d’un fond vallée qui fut en des temps anciens refuge de l’enfant sauvage et qui, il n’y a pas si longtemps c’est cru la Silicon Valley de l’Aveyron. De Synelec, il ne reste qu’un paquebot fantôme, carcasse vitrée pour illusions perdues et discours en fumée. Aujourd’hui, j’ai croisé des gens simples, ordinaires, enthousiastes et déterminés. S’autorisant du pouvoir dans un carré de liberté avec anxiété et fébrilité. Des mamans dévouées qui savent encore manier le dé à coudre, le fil et l’aiguille,  qui savent encore faire marcher à la baguette, le menton placé, ces gaminettes en bottes et jupes […]
11 March 2019

Bande d’arrêt d’urgence à Malo les Bains

Bande annonce, Bande son, Bande à part, Bande passante, Bande mou, Bande de sable, Bande d’ivrognes, Bande d’arrêt d’urgence, Bande de potes, Bande dessinée, Bande de sauvages, Chef de bande, Bande de Malo les Bains.   Photographies réalisées à Malo les Bains (Hauts de France) lors de la Bande de Malo les Bains 2019
5 February 2019

Au cul du taureau, de la testo dans le turbo

  Le vent souffle fort au coin de ce pré adossé à la cave coopérative abandonnée, vaste paquebot fantôme comme échoué, ensablé aux abords de la ligne TGV. On y prépare les chevaux pour l’Abrivado, la première de la saison dans ce village gardois à un galop des arènes de Nîmes. Sultan fait la gueule, la mine des mauvais jours. On vient de le descendre du camion. Sur le métal froid de la rampe, il claque des sabots en secouant sa crinière blanche écrue. Sa cavalière le tient au plus serré, une brunette portant une longue jupe noire lui recouvrant presque les étriers. Elle n’a que 15 ans. Elle en fait 10 de plus. Peut être à cause de cette peinture noire qu’elle s’est barbouillée sur le front et les joues. Une tradition d’autrefois en pays camarguais, lorsque gamins intrépides et castagneurs aux visages peinturlurés de suie, surnommés les charbonneurs, coursaient et chatouillaient les taureaux  en partance vers l’arène. Les jeunes du village arrivent, nombreux, 500 peut être. Les garçons sont pour beaucoup habillés en kaki «decat» jusqu’aux pieds, quant aux gaminettes, c’est le spencer faux cuir laissant le nombril à l’air qui a la cote. Malgré le vent glaçant et mordant. Les parents n’ont certainement pas mots à dire. Sous un hangar ouvert justement aux quatre vents, les steaks hachés se font déjà dorer l’échine, les frites nagent et frétillent dans un bain d’huile, un gamin déluré, la main cassée, porte les baguettes déjà ramollos, quand au 51, il […]