Un jour de…

14 November 2020

Tu leur diras que je meurs en bon Français

  “TU LEUR DIRA QUE JE MEURS EN BON FRANCAIS”   L’Aveyron fut durement touchée pendant la guerre de 14 – 18 perdant près de 14 500 de ses fils sur le front. Le village de St-André de Vézines tout comme le hameau de Montméjean et la ferme de Roquesaltes ne furent pas épargnés. 29 jeunes hommes pour la plus part agriculteurs dans de petites fermes familiales vont perdre leur vie précipitant l’exode rural. Aujourd’hui que reste-il de ces histoires dramatiques ? Rencontre avec Marie-José Cartayrade, la mémoire du village.   La lettre débute ainsi « Mon cher Jean ». Elle est datée du 23 octobre 1915, Clément Cambournac, médecin aide major seconde classe engagé sur le front avec la 37ème division écrit ces mots à destination de son oncle : « J’ai eu une veine insensée. L‘obus qui a blessé mes 3 camarades est tombé plus près de moi que d’eux, c’est-à-dire à 2 mètres environ, et je n’ai pas eu une égratignure. Avec quelle ferveur j’ai remercié la Providence de m’avoir ainsi préservé. Il s’en est fallu de peu que tu ne revoies pas le fils de mon père ! Sur ces entre fait, arrivent les attaques. Il a fallu, avec ce groupe de brancardiers mutilés, organiser un service et faire un travail bien plus considérable et dangereux que ce qu’on avait fait jusque-là. Le médecin-chef arrivé au groupe quelques jours seulement avant l’attaque m’a chargé d’abord d’une moitié puis de la totalité du groupe. Je me suis trouvé à la tête de 150 brancardiers […]
5 September 2019

Devoir de mémoire

Giovanni Parodi était membre du parti communiste italien. Cesare Salvestroni était fondateur du  parti Action Anti-fasciste. Raffahelo Giolli était critique d’art. Guiseppe Pagano était rédacteur en chef du magazine Casabella. Carmine Berera était membre du cercle des « Libres Penseurs ». Sur ce mur long, blanc et froid, des photos incrustées, des plaques gravées et scellées, des médaillons, des ornements, des fleurs séchées. Juste un nom, un visage, une date de naissance, une année de décès. 1944, 1945, le plus souvent, sans date précise. Sur la droite, une photo attire le regard plus que d’autres. Un médaillon légèrement bombé, en porcelaine blanche et laiteuse, rivé à la pierre. Un nom, celui de Guido Ghizzi, né le 15 juillet 1902 à Guidizzolo, une petite ville de la province italienne de Mantua en Lombardie, exécuté par les nazis le 28 mars 1945 dans le camp de la mort de Mauthausen, cette forteresse de granite construite sur les hauteurs du Danude dans une Autriche alors annexée à l’Allemagne. Le destin de cet homme ? Il n’y a plus aucun secret sauf pour les salauds de négationnistes. Il fut raflé, parqué, affamé, humilié, méprisé, dépouillé et enfin gazé…ou…asphyxié, ou torturé, ou noyé, où brûlé à vif sur les clôtures à haute tension, ou battu à mort, où infecté par un virus…nul ne sait. Nul ne saura. La vie de cet homme au regard sombre ? On peut tout supposer, figé et malmené, au pied de ce mur aux larmes séchées. Il a sans doute aimé sans hésiter, espéré […]
17 May 2019

Le sixième sens

  Avant de publier ce reportage réalisé à l’occasion d’une épreuve Sport Adapté dans le parc de la Victoire à Millau, j’ai relu les mots de Grand Corps Malade lorsqu’il chante « Sixième sens ». Les voici…. J’ai découvert de l’intérieur un monde parallèle  Un monde où les gens te regardent avec gêne ou avec compassion  Un monde où être autonome devient un objectif irréel  Un monde qui existait sans que j’y fasse vraiment attention  Ce monde-là vit à son propre rythme et n’a pas les mêmes préoccupations  Les soucis ont une autre échelle et un moment banal peut être une très bonne occupation  Ce monde là respire le même air mais pas tout le temps avec la même facilité  Il porte un nom qui fait peur ou qui dérange : les handicapés. On met du temps à accepter ce mot, c’est lui qui finit par s’imposer  La langue française a choisi ce terme, moi j’ai rien d’autre à proposer  Rappelle-toi juste que c’est pas une insulte, on avance tous sur le même chemin  Et tout le monde crie bien fort qu’un handicapé est d’abord un être humain  Alors pourquoi tant d’embarras face à un mec en fauteuil roulant  Ou face à une aveugle, vas-y tu peux leur parler normalement  C’est pas contagieux pourtant avant de refaire mes premiers pas  Certains savent comme moi qu’y a des regards qu’on oublie pas  C’est peut-être un monde fait de décence, de silence, de résistance  Un équilibre fragile, un oiseau dans l’orage  Une frontière étroite […]
25 April 2019

Lady Gaga en mode Manga

  Photographies réalisées à Paris le 16 février lors du Manga Festival Show 
23 April 2019

Un jour à marcher au pas et à la baguette

  J’aime les gens enthousiastes et pourquoi pas fantasques, J’aime les gens ordinaires qui parfois tombent les masques. J’aime les gens engagés qui ne craignent pas les bourrasques, J’aime les gens déterminés et pourquoi pas obstinés, J’aime les gens simples qui parfois font des pieds de nez, Aux « je sais tout », aux idées reçues, aux lettrés et autres blasés. Je suis tombé sur une petite annonce dans les pages Villages d’un quotidien régional. Quelques lignes coincées entre cours de trompette, reprise du foot et sortie au Cabaret Le Moulin des Roches. En résumé, la vie pas si meurtrie, pas si anéantie de nos villages. Le texte ne fait que quelques lignes que les intellos parigots ne liront jamais. Il a pourtant son importance, la naissance d’un club de majorettes à Saint Cernin sur Rance. Sur la route d’Albi, pas si loin des Monts de Lacaune, ce village se cache dans l’ombre d’un fond vallée qui fut en des temps anciens refuge de l’enfant sauvage et qui, il n’y a pas si longtemps c’est cru la Silicon Valley de l’Aveyron. De Synelec, il ne reste qu’un paquebot fantôme, carcasse vitrée pour illusions perdues et discours en fumée. Aujourd’hui, j’ai croisé des gens simples, ordinaires, enthousiastes et déterminés. S’autorisant du pouvoir dans un carré de liberté avec anxiété et fébrilité. Des mamans dévouées qui savent encore manier le dé à coudre, le fil et l’aiguille,  qui savent encore faire marcher à la baguette, le menton placé, ces gaminettes en bottes et jupes […]