Dans la sueur de…

10 April 2018

The poor lonesome runner

46669 pas auront donc été nécessaires pour se laisser aspirer dans ce puits de lumière illuminant la capitale en ce jour de marathon. Pour emboîter le pas de ces anonymes isolés, esseulés, d’un peloton effiloché comme une queue de comète. Certains courbés, pliés…plus loin des assoiffés, des ventres creux. Encore plus loin des crispés prêts à craquer. Le mur du trentième, je l’ai esquivé, certains se sont fracassés. Proche de l’arrivée, subitement des croyants, priant en silence pour une fin proche. A quelques pas de la ligne d’arrivée, j’ai encouragé des coureurs vociférants ceinturés par des vigiles leur interdisant le passage. J’y ai perdu mon badge presse, une première en 30 ans. Il faut un début à tout. Reportage réalisé le 8 avril 2018 à Paris dans le cadre du Marathon de Paris (France)
13 March 2018

Jour de cross, jour de bosses

Je ne sais pas si le crosseux doit être… Boueux, Merdeux, Poussiéreux, Crasseux, Baveux, Poisseux, Glaiseux, J’ai simplement croisé des crosseux… Piteux et glorieux, Furieux et fou furieux Miséreux et victorieux, Besogneux et valeureux, Silencieux et belliqueux, Frileux et joyeux, Malchanceux et chanceux. Reportage réalisé à Plouay (France) le 11 mars 2018
4 January 2018

Une ampoule brille, parfois elle grille !

On peut tourner en rond, sans un rond, A toucher le fond et se fracasser le front, On peut choisir une diagonale, Relier une mer, un océan, pour que dalle, Perché, à nu, sans plumage, à jouer les hiboux, Des nuits de clair obscur, des « ptits » matins dans le dur, dans le mou, On peut trouver le principal ou peau de balle, On peut chercher l’animal, sans cri primal, Sans rasoir, Sans passoire, On peut renaître sans feu de paille, Simple escale et rentrer au bercail, Au loin, une ampoule brille, Parfois elle grille.     Reportages réalisés lors des 24 Heures de Bourges, des 48 Heures de Surgères, des 24 Heures de Brive, de la Transe Gaule
1 January 2018

Kondoa, c’est fragile comme de la faïence

Habillée d’une petite jupe plissée, D’un chemisier blanc cassé, A marcher sur le fil tendu de son destin, Dans le dos, mains croisées, regard profond, apeuré, enfantin, Failuna, guère plus haute qu’une longe de manioc, En course pour gagner une breloque, une poule, un coq, Pour la première, une enveloppe blanche, 30 dollars, une pincée de vieux billets poisseux, premier passeport en zone franche, Une scolarité promise en poche, C’est mieux que de gratter le manioc à la pioche, Pour quitter son village, les préjugés, la fatalité, les superstitions, Partir, partir, fuir, fuir, sous haute tension, Ce carré ensablé, dépouillé, asséché, Kondoa, ces masaïs désœuvrés,  Ces bars à bière pour gueules assèchées, Ces minarets, ces chapelles qui ne soignent aucune brèche, Failuna en partance, avec méfiance, dans la voyance, C’est si fragile, comme de la faïence.   L’organisation des Templiers a financé plusieurs années la scolarité de Failuna Abdi qui par la suite est devenue internationale de course à pied (31’47’’37 sur 10 000 m en 2017, 16ème au Mondial de Cross de Kampala en 2017).   Reportage réalisé à Arusha et Kondoa (Tanzanie)