Dans la sueur de…

10 February 2020

Avis de tempête sur le camping des crosseux

  Camping éphémère, en pleine terre, le camp des crosseux, c’est un jardin sans allées ni enclos, au milieu des broussailles, sans épouvantails. Anarchique et bordélique. Sans permis de construire, juste le droit d’y courir et de discourir. Avec ses collines de sacs, ses montagnettes de survets. Un Décathlon à ciel ouvert et ses Quechua gonflées, arrimés, alignées, sardines contre sardines. Sans eau, sans lavabo, sans pissotière, juste un buisson, un tronc, pour pisser là où l’on peut pour se vider le pneu. Au camping des crosseux, même en banlieue, on passe un dimanche à la campagne, bottes aux pieds s’il le faut. On mange le cul par terre, frites, merguez et coca, cakes, ships et Haribo pour soigner les p’tits bobos. On s’échauffe, plein champ, pleine terre, là où on veut, là où on peut. Une allée, une contre allée, bon sang qu’on se sent mou, on n’est pas là pour faire joujou. Putain, j’me sens bien, au moins, j’vais pas jouer les bouche-trous. Au camping des crosseux, il y a le clan des p’tits et des puissants. Pas besoin de cadastre, faut juste compter ses pas. Deux mètres carrés au sol pour une Quechua qui se déplie en un seul claquement de doigts, ça c’est un petit club et ses deux trois qualifiés guère plus. Un barnum de seize mètres carrés, ça c’est un gros club. Ca compte les points, les places, ça sent le France à plein nez comme une bonne odeur de fumier. Avec ses leaders, […]
29 October 2018

A deux mains sur les cocottes

  Ma première photo de sport, je l’ai prise à l’occasion du cyclo cross du Château organisé dans ma ville natale, Mehun sur Yèvre. L’épreuve était organisée sur un très beau circuit tournicotant autour des remparts de l’ancienne enceinte médiévale et de la Tour Charles VII.. Mon père y était bénévole, affecté la billetterie. Je venais juste d’acquérir mon premier reflex après avoir travaillé en usine pour m’offrir ce premier boîtier doté d’un télémètre et son aiguille qui s’affolait au moindre soubresaut de lumière. Je n’ai plus en mémoire si la pellicule utilisée était une 36 poses mais côté budget, développement et tirage compris, une “péloche” c’était la limite imposée. Dans mes archives, je n’ai gardé que cette image (ci dessous) pour garder une petite empreinte de ce premier reportage.         Reportage photographique réalisé à La Canourgue (Lozère) le 28 octobre 2018 à l’occasion du Cyclo Cross de l’Urugne
28 July 2018

Eldoret, la fin du paradis ?

Eldoret, paradis perdu, Eldoret, paradis corrompu. Eldoret, paradis vendu, Aux mécréants, Aux renégats, Aux cancrelats. Sans foi, Ni loi, Sans émoi. Ca laisse sans voix Dans le désarroi, Je suis désormais un pauvre rabat-joie.   Photographies réalisées les 22 et 23 mai 2015 à Eldoret – Kenya lors d’un meeting national d’athlétisme. Eldoret reste encore à ce jour l’épicentre d’un triangle où est né l’athlétisme kenyan, où celui-ci est devenu une industrie désormais tragiquement pervertie par le dopage
9 July 2018

Quilles de 8 et bande des 5

  Une petite route grimpant au dessus du village, quelques pavillons ici et là, un chemin de terre à droite, même vitres fermées, la rumeur se laisse deviner. Ce mélange si caractéristique entre clameur et ferveur mixées dans un flow de claquements secs comme si une machine , dans un tempo saccadé débitait du bois mort aux quatre coins de ce carré de sable, serti d’une bordée de grands pins. 9 heures du matin, la première fournée est déjà sur le grill. Ca frappe déjà du bois. Ca claque déjà des mains, en jouant des 10 doigts pour guider de tous ses voeux la prochaine boule prête à fuser. Au sommet de cette colline, un stade, deux terrains sablonneux, dos à dos, séparés d’une lignée de tentes et de parasols multicolores. 5 joueurs dans chaque rangée. 8 quilles, allumettes géantes dressées pour être dégommées et des boules alignées comme de grosses pastèques suantes. Voilà pour la multiplication. Les quilles de 8, ça se joue en bande de 5. Des bruns barbes taillées, des dégarnis crânes rougis, des costauds que l’on imagine fourche à la main soulevant une botte pesant son demi quintal, des minces taille de guêpe nageant dans des shorts flottants. Des 20 balais qui ont quillé à l’école des bleus et qui se cognent dans les poings comme des joueurs de la NBA, des 50 printemps encore guillerets qui ont bûcheronné sur tous les carrés sablonneux du Viaur à La Viadène, du Dourdou au Lévezou. C’est un sport […]
29 April 2018

De Chardoille à Soulobres, un Grand Prix sans chichi

Cela me rappelle le Grand Prix de Chardoille. Félix Potin, c’était le ferrailleur du quartier de la gare, propriétaire d’une casse à Juva 4 et de vieilles tractions où l’on jouait les Al Capone. Félix, c’était Monsieur le Président de l’Union Cycliste Mehunois. Dans la campagne, d’Allogny à Quincy, de Reuilly à Neuvy, en passant par Foecy, chaque dimanche après la messe, il plantait son petit décor. Avec sa gouaille, son TUB Citroën, son haut parleur grésillant soudé au capot, sa boîte à outils et son crachoir annonçant le passage des coureurs. C’était l’époque des frères Villepelet. Des paysans de la plaine du Berry. Des costauds, des rustiques, des cuissots de taureaux. Forgés et charpentés au lever de bottes de paille, à la charrue et aux hivers humides au cul des vaches. Des malins, des roublards se partageant, de Pâques à la Toussaint, primes, victoires et coupes de pacotilles. Parfois Jean Graczyck, en voisin, il habitait Vignoux sur Barangeon, venait dire le bonjour et se jeter vite fait, quelques verres de gris, du Mennetou, du Reuilly. Il serrait des paluches et contait des histoires de chasse patate, de mistinguettes et de boyaux percés. Avec sa gueule creusée, tailladée au coupe chou par quinze années pro en passant chez Lejeune, chez Bic et chez Ford. Sacré Popoff, une carrière de puncheur, sept “Tour de France” et 5 victoires d’étape dans la besace, ça classe, la classe. Déjà, on se garait sur le bas côté de la chaussée. Des 4 CV, des […]